L'apparition du trouble de l'érection, son origine et les facteurs de risque

Les troubles de l'érection sont-ils fréquents ? Comment apparaissent-ils ? Ont-ils un quelconque rapport avec certaines maladies ?

Grâce à de récentes découvertes scientifiques, on en sait aujourd'hui beaucoup plus sur les troubles de l'érection, leur origine et leurs liens avec certaines maladies.

Par ailleurs, nous savons à présent à quelle fréquence ces problèmes apparaissent, s'ils incommodent les hommes et si ces derniers souhaitent être soignés.

Chez la plupart des hommes, il arrive que, lors de l'acte sexuel, l'érection soit insuffisante, voire inexistante. Rien d'anormal à cela. On parlera de trouble érectile si cet incident se reproduit régulièrement et s'il dure à chaque fois plus longtemps. En effet, cela signifie que votre envie sexuelle est bien réelle et que vous vous sentez sexuellement stimulé mais que vous ne parvenez pas à obtenir d'érection. Au cours de leur vie, 20 à 30 % des hommes de plus de 18 ans sont confrontés à ce problème(11).

Les troubles de l'érection sont liés à l'âge. En d'autres mots, les risques de dysfonction érectile augmentent avec l'âge. A la soixantaine(11), presque la moitié des hommes connaissent ce problème. La plupart d'entre eux trouvent cela très incommodant et souhaitent se faire aider. Mais le médecin de famille ne leur pose que rarement la question et les hommes sont trop gênés pour en parler spontanément. Ils souhaiteraient que ce soit le médecin qui aborde le sujet. Cela les aiderait à en parler.

Les troubles érectiles surviennent souvent chez les hommes souffrant de maladies cardiaques ou vasculaires comme un infarctus ou une angine de poitrine. Dans ces cas de figure, les vaisseaux sanguins n'irriguent plus efficacement le pénis, en raison de l'artériosclérose. Chez les plus jeunes, les troubles érectiles ont souvent une cause psychique, à savoir la peur de l'échec. Le jeune homme ne profite plus de l'acte sexuel de manière détendue, mais il se braque sur son érection. L'incertitude croissante augmente les risques de trouble érectile lors de l'acte. En plus de l'artériosclérose, les troubles de l'érection peuvent provenir d'un mauvais fonctionnement des terminaisons nerveuses du pénis du fait d'une maladie du système nerveux ou d'une paralysie.
Le diabète est, lui aussi, souvent associé aux dysfonctions érectiles. La consommation excessive d'alcool et de tabac sur une longue durée ainsi que le manque chronique d'activité physique jouent également un rôle dans l'apparition des troubles de l'érection.

A un âge moyen, le surpoids et le manque d'activité physique peuvent occasionner le syndrome métabolique, qui va souvent de pair avec le diabète et une diminution de la production de testostérone (hormone masculine). Apparaissent chez l'homme des phénomènes de fatigue et une baisse de l'envie de rapports sexuels. La résignation s'installe et l'homme évite l'effort physique. De plus en plus d'hommes d'âge moyen souffrent du syndrome métabolique.

Par ailleurs, l'utilisation de certains médicaments, en particulier les tranquillisants et les médicaments utilisés dans certaines affections psychiatriques, peut favoriser le trouble érectile. Certaines médications soignant une hypertension artérielle ont pour effet secondaire le trouble érectile. Il est indiqué de trouver le médicament adapté et d'avoir suffisamment d'activités physiques. Tout cela peut constituer un remède aux problèmes d'érection.

Des troubles érectiles peuvent également apparaître après une opération du bassin ou suite à un rayonnement dans la même zone. Si le pénis a été abimé lors d'un accident, il peut en découler, ici aussi, un trouble de l'érection, parfois grave.

Dans certains cas, l'homme peut voir apparaître une courbure de son pénis lors de l'érection. C'est ce qu'on appelle la maladie de La Peyronie. Plus précisément, la paroi d'un des corps caverneux présente une plaque dure et le sexe se courbe lors de l'érection. Ces courbures du pénis peuvent rendre les érections déplaisantes, voire provoquer de vrais troubles érectiles. Dans certains cas, la maladie de La Peyronie peut être soignée par une intervention chirurgicale. Le pénis perd, il est vrai, un peu de sa longueur en érection, mais la courbure disparaît complètement.

Chez les personnes plus jeunes, les troubles érectiles tiennent souvent du facteur psychique comme la peur de l'échec, le surmenage ou un trop grand stress. A un âge plus avancé, les troubles érectiles sont plutôt dus à des facteurs physiques, comme l'artériosclérose. Ces deux causes se mélangent souvent à mesure que le problème persiste, à tel point que cause et conséquence se confondent après un temps. Au delà de la cause, l'homme devra ainsi souvent affronter les conséquences du trouble. Puisque l'érection n'est pas assez puissante ou ne dure pas assez longtemps, l'homme fuira l'acte sexuel ou, au contraire, essayera sans cesse de le pratiquer, mais le manque croissant de confiance en lui augmentera à chaque fois un peu plus les risques de voir apparaître le trouble érectile lors du rapport suivant. L'homme n'éprouve plus alors de plaisir pendant l'acte sexuel et se concentre trop sur son érection. Il perd de sa spontanéité et ses érections deviennent encore plus difficiles. Viennent compléter ensuite ce cercle vicieux la peur de l'échec et la pression de la prestation sexuelle. A chaque nouvelle tentative, les chances d'érection spontanée diminuent davantage.

Dr. L. J. de Boer, médecin de famille

 

Référence
(11)S. Droupy, Epidemiology and physiopathology of erectile dysfunction, Annales d'Urologie, Vol 39, issue 2, April 2005, pages 71-84

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